Notre interview avec Yannick Matejicek, triathlète professionnel

Dans le podcast Loop sur le Triathlon, Valentin a eu l’occasion de voir beaucoup de triathlètes. Mais le seul qui est venu deux fois, c’est Yannick MatejicekAu cas où tu ne le connaîtrais pas, Yannick est triathlète depuis 7 ans et s’est lancé dans le longue distance depuis 5 ans. Venant du monde du cyclisme, il a décidé de se tourner vers le triathlon pour se tester et découvrir ce sportFinalement, c’est bien plus qu’une découverte puisqu’il réussit à se qualifier pour les half mondiaux à Nice en 2019, avant de se qualifier également pour les championnat du monde d’Ironman à Kona en 2021, où il décrochera une 4e place dans sa catégorie (et 45e mondial).

 

 

Un beau parcours qui mérite donc que nous te résumions les deux épisodes de Yannick Matejicek. Nous espérons que cela te donnera envie de le (re)découvrir !

 

 

Yannick Triathlète Sport

 

 

 

Peux tu nous décrire ta journée type de ton quotidien ?

 

 

« Je vais t’en détailler deux puisqu’il y en a où je travaille et d’autres où j’ai du repos ! Les journées où je travaille, je vais faire selon ma fatigue générale. Il faut vraiment s’écouter, surtout avec mes horaires décalés (Yannick est policier et travaille de 16h à 1h30 du matin). Donc les matins où je peux me lever, je vais me réveiller à 6h. Sinon si j’ai vraiment besoin de sommeil, c’est vers 9h. De là je vais faire deux à trois sports. Ça reste assez court sur une journée où je vais bosser mais si je me lève à 9h c’est normal. Mais je vais faire du vélo et de la course à pied ou de la natation et de la course à pied, etc. Voire les trois selon le temps que j’ai. Vers 14h30, je finis mes séances et je me prépare mes repas pour le midi et le soir. Je mange et je pars travailler vers 15h30. Ensuite je rentre vers 2h du matin et le temps de me doucher, etc, je m’endors généralement vers 2h30.

 

 

Sinon pour une journée plus type triathlète, donc une journée où j’ai du repos, je vais me lever vers 6h et commencer par la natation. Ensuite je vais enchaîner avec du vélo ou de la course à pied et parfois je rajoute même un peu de préparation physique générale selon la densité des entraînements d’avant. Si par exemple je dois faire une grosse sortie vélo je le rajoute pas. Donc au final ça me fait une journée à trois, quatre sports ! »

 

 

Yannick sport ironman

 

 

 

Qu’est-ce que tu as ressenti lors de ta première victoire à l’Ironman de Vitoria en 2021 ? Et aujourd’hui avec du recul, comment tu revois cette situation ?

 

 

« Déjà, c’est mon plus beau souvenir en triathlon. Sur le coup tu as plein d’émotions qui arrivent parce que tu es heureux d’avoir terminé un Ironman surtout que tu as mal de partout. Sur les derniers 100m j’étais à deux doigts d’avoir des crampes. Je ralentissais mes pas et j’ai fait comme j’ai pu pour passer la ligne ! J’ai eu des larmes de joie et de douleur parce que tu viens de finir, tu lèves la banderole et tu cries tout ce que tu peux pour évacuer.

 

 

Après je me suis dis qu’au final, tout le travail que j’avais fait, eh bien ça valait le coup et que le travail ça paie ! J’ai eu des doutes comme tout le monde, je ne suis pas un surhomme. Il y a eu des séances compliquées où je me disais que je n’allais pas y arriver. Mais je me suis remobilisé et je me souvenais de ce que je faisais derrière. Du coup toute cette partie immergée de l’iceberg, elle ressort à ce moment-là. C’est ça qui a fait que j’étais hyper heureux… »

 

 

 

La partie mentale, tu te fais accompagner dessus ? Tu as des méthodes comme la visualisation que tu appliques ?

 

 

« En fait je ne suis justement pas accompagné sur le côté mental. Il y a plusieurs coachs qui m’ont proposé un accompagnement, et certains m’ont même demandé la manière dont j’appréhendais les choses, pour comprendre. Mais je pense que c’est surtout l’expérienceJ’essaie de prendre du recul sur les choses. Comme tout le monde sur l’instant T, je peux réagir à chaud et de manière qui n’est souvent pas la bonne. Mais il faut toujours se reposer la question d’où je suis parti et où j’en suis maintenant. 

 

 

Quand j’arrive à prendre assez de recul et à ne pas rester sur le jour où je me suis foirée que je vois mes évolutions et que je comprends pourquoi j’ai fait ça et surtout être content et satisfait de ce que j’ai fait. Si je pouvais donner un conseil c’est de penser à toutes les étapes que tu as réussi à passer et surtout d’avoir confiance en soi et en ses capacités. On a tous des capacités différentes mais on peut aller loin avec de la régularité, de la persévérance et une très bonne volontéIl suffit d’arriver à se le dire, de ne pas se dénigrer, d’avoir de l’ambition et de se mettre des objectifs pour réussir à avancer[…].

 

 

Pour la visualisation, personnellement je le fais pour les transitions. Je sais que ce sont des méthodes utilisées par les forces spéciales à l’armée et c’est toujours quelque chose que j’ai naturellement fait les veilles de coursesDonc je me revisualise quand j’arrive à T1 ou T2, plusieurs fois, pour que ça devienne automatique quand je suis sur place et que je ne me perde pas […].

 

 

Tout ça je le fais avant de dormir et un peu le matin quand j’arrive sur la course. Et quitte à faire mes propres mouvements des genre de “airs mouvements” et de se dire “bon bah là je mets mon casque”. Faire le geste en même temps, “maintenant je prends mon vélo” et même chose. Je ne dis pas qu’il y a toujours à améliorer les transitions mais en tout cas j’en ai jamais fait d’horribles. Je me suis jamais trompé à me dire “à zut, j’ai dépassé mon vélo”. J’ai fait des loupés, comme tout le monde, mais jamais des gros loupés. Au final, je continue à faire des transitions qui sont toujours correctes. »

 

 

Yannick transition triathlon sport

 

 

 

Du coup ta victoire à Vitoria te permet de faire Kona en 2022. Mais quelques semaines avant tu tombes en vélo et ta main est touchée. Du coup la natation devient compliquée mais justement, comment s’est passée ta course à Kona sur la natation ? Et ensuite de manière générale ?

 


« 
La partie natation ne s’est pas trop mal passée. J’en avais discuté avec mon coach et pour des triathlètes non-nageurs, t’as une coupure avant la course et ça a été mon cas. En fait, tu vas pas avoir une énorme perte au final puisque la technique n’est pas terrible de base. Et la caisse, on l’a quand même. Malgré le fait que tu ne peux pas nager pendant 2 semaines, derrière j’ai continué à rouler et à m’entraîner et tu ne perds pas la caisse comme ça, en claquant des doigts. Finalement, j’ai fait une natation avec deux arrêts dans l’eau parce que j’ai failli perdre ma montre. Et je sors avec le même temps qu’à Vitoria, sans combinaison et dans l’océan donc j’étais vraiment satisfait. Et en sortant je me suis dit que j’étais dans ma course […].

 

 

La partie transition est un peu longue. Elle l’est parce que t’es un peu en baisse et le parc à vélo est géant. Forcément, selon où tu es placé, tu peux courir sur les tapis jusqu’à passer tout le parc à vélo. Mais dans l’ensemble ça a été, j’étais vraiment content.

 

 

J’ai pas eu de stress plus important que sur les autres courses. J’essaie toujours de positiver et de me mettre dans ma bulle. Il est toujours possible d’avoir des doutes qui viennent, notamment avec des rappels d’allure, où je peux me dire que je ne suis pas dedans, ou je vais me sentir un peu fatigué puisque sur place l’humidité et la chaleur ne sont pas les mêmes. Alors les corps réagissent différemment. Mais avec toute l’année que j’ai pu faire hormis cette blessure bête, le travail il est fait et à partir du moment où je n’ai pas eu de souci majeur qui m’a empêché de m’entraîner sur une discipline, bah derrière je sais que j’avais juste à faire ce que je savais faire. »

 

 

 

Dans ces deux épisodes, nous t’invitons surtout à écouter la partie sur la visualisation mentale qui est un très bon exercice. La partie sur Kona est tout aussi intéressante puisqu’on découvre la course comme si nous y étions grâce aux ressentis de Yannick. Si tu veux en découvrir plus sur Yannick Matejicek, nous t’invitons à écouter les deux épisodes disponibles sur Loop sur le Triathlon mais aussi de suivre son compte Instagram. Tu peux aussi retrouver d’autres interviews de sportifs juste ici.

 

Valentin

Triathlète passionné qui consacre environ 15 heures par semaine à ma passion sportive. J'ai fait quinze ans de football, où pendant la basse saison, je me lançais dans le semi-marathon et le marathon pour relever de nouveaux défis.
Au-delà de ma pratique sportive, je suis également impliqué dans le monde du sport en tant qu'entrepreneur. Co-fondateur de Triloop, j'ai lancé ma marque de vêtements de sport d’endurance pour relier la performance et l’écoresponsabilité.
Je suis également le fondateur du podcast Loop sur le triathlon, une aventure passionnante qui explore le monde du triathlon, partage des récits inspirants et offre des conseils pratiques.

Valentin
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